
HISTOIRE
des
ENFANTS DE TROUPE
ECOLES MILITAIRES
PREPARATOIRES
COLLEGES MILITAIRES
LYCEES MILITAIRES
*********
HISTORIQUE DE L'
INSTITUTION
Des "Enfants de Troupe" dans
les
régiments
aux Lycées Militaires
EVOLUTION D'UNE
INSTITUTION
1766 - 1989
*********
SOMMAIRE
1)
1766 –
1884 : les enfants de troupe dans les
régiments
2) 1884
– 1982 : les
écoles militaires préparatoires, puis les
collèges militaires
3)
Depuis 1982 : les
lycées militaires
4) Les
écoles et leurs
devises – les Emblèmes
5)
L' Ecole des Pupilles de
l'Air "élève Jacques Lorenzi"
6)
L'apport des enfants de
troupe à la France
*********
A.E.T. - 166, rue
Lafayette -
75010 PARIS - Tel : 01 40 34 54 31
Ouvrages de
référence
- extraits
Annuaire A.E.T. -
Journal des
A.E.T.
Mémorial des
Enfants de
Troupe morts pour la France par Jean GALLE - E.M.P Billom 1940 - 1944
disponibles au siège A.E.T.
à l'adresse ci
dessus.
Air
actualités
A visiter :
www.aet-association.org/aet/
Musée
national des A.E.T. Quartier
GANGLOFF (Lycée militaire d’Autun)
Rue Gaston-Joliet 71403
AUTUN CEDEX
Tel + (0)3 85 86 55 37
*********
1)
LES ENFANTS DE TROUPE DANS
LES REGIMENTS
1766 - 1884
1) Description
C'est une
ordonnance de Louis
XV en date du 1er mai 1766, qui, sur proposition de CHOISEUL, introduit
pour la
première fois dans l'organisation des Armées des
dispositions en faveur des
fils de soldats et de "bas-officiers"
dont
le sort avait été jusqu'alors
négligé par
l'Etat.
L'
Institution des enfants de
troupe est née.
Le statut
ébauché par
CHOISEUL, devait être confirmé dans la
décennie
suivante, puis en dépit de
quelques avatars durant la Révolution, être
entériné par BONAPARTE, alors
Premier Consul; l'arrêté qu'il promulgue en 1800
consacre
officiellement
l'appellation
"ENFANTS
DE TROUPE".
Dans chaque
compagnie ou
escadron de chaque régiment de l'armée
française,
un, puis deux postes
budgétaires sont réservés à
des
garçons de dix à seize ans, issus de familles
militaires par le père, voire par la
mère : vivandière, blanchisseuse, etc..,
attachée
au corps militaire. Ces
postes sont en principe prévus pour des enfants de
militaires de
rang modeste
encore que des exceptions aient pu être relevées;
le futur
Général HUGO,
notamment, enrôla son fils Victor au Royal Corse qu'il
commanda,
de même que ses
autres fils, Abel et Eugène, dans un bataillon de la 20
ème demi-brigade où il
servit avec le grade de major....
Ainsi inscrits au
rôle des
compagnies ou escadrons, les enfants de troupe sont logés,
nourris, blanchis et
soldés. Ils portent un uniforme inspiré de celui
de leur
régiment
d'appartenance. Leur éducation et leur formation sont
assurées mais dans la
perspective de métiers utiles à
l'armée, musiciens
notamment et dans celle de
leur futur engagement; il y avait en effet, une contrepartie
à
l'aide ainsi
consentie par l'Etat : l'engagement à l'âge de seize
ans...ou le
remboursement,
à la masse du corps, des frais occasionnés.
On voit ainsi
apparaître, dès
les origines de l'institution, les fondements du statut enfant de
troupe qui,
sur le fond sinon dans les modalités de mise en oeuvre, ne
devait guère évoluer
pendant plus de deux siècles.
Quoiqu'il en soit,
le système
imaginé par CHOISEUL, encore que
réservé aux seuls
garçons, a marqué un progrès
sensible à une époque où, seuls, les
enfants de la
noblesse jouissaient de
quelques considérations. On se doit d'ailleurs de souligner
la
vocation quasi
exclusive d'aide à la "famille militaire" de cette
organisation
:
l'apport au recrutement de soldats, de quelques recrues tous les cinq
ou six
ans, pour chaque régiment, fussent ils de
qualité,
restait en effet peu
significatif au regard des besoins des armées.
Progrès
certes par rapport au
passé, mais progrès bien timide, aux effets
limités en raison des insuffisances
en matière d'éducation et, plus encore, de
formation, que
ne parviendront pas à
gommer les quelques modifications introduites au cours du XIX
ème siècle.
2) Evolution
Il serait
d'ailleurs plus
judicieux de parler de retouches plutôt que
d'évolution
tant le système est
resté sclérosé pendant presque un
siècle.
Ce n'est par
exemple qu'en
1858, sous le Second Empire, qu'on modifiera quelque peu le recrutement
des
enfants de troupe en l'élargissant aux fils de gendarmes et
aux
fils de
l'équivalent, pour l'époque, des ouvriers et
employés d'Etat actuels.
Le plus grave est
que
l'effort de novation n'ait pas été
apporté dans le
domaine où il aurait dû
l'être, celui de l'éducation et de la formation
des
enfants. On note à cet
égard, dans un rapport au Sénat de la fin du
siècle, des phrases à la résonance
cruelle qui stigmatisent une situation critique :
...."élevés à la
caserne, soumis à une alimentation mal
réglée, en
contact permanent avec des
soldats, les enfants de troupe faisaient preuve d'une
démoralisation précoce,
leur instruction présentait des difficultés
insurmontables....Ces difficultés
n'ont en effet pas été surmontées. En
1837, le
législateur s'est certes efforcé
de séparer quelque peu les enfants de la troupe, en les
rassemblant dans des
écoles régimentaires, cellules d'enseignement
internes
à chaque corps créées
pour parfaire l'instruction générale des
sous-officiers.
Mais les effets de
cette
mesure ont été limités, les enfants
restant
tributaires de l'intérêt que leur
portaient les chefs de corps, des compétences psychologiques
et
pédagogiques de
leur encadrement et des activités de leur
régiment
d'affectation :
campagnes, changement de garnison,
dissolutions,
réorganisations, etc.
En 1843, une
suggestion faite
au ministre de rassembler les enfants de troupe dans une
école
spécialisée est
rejetée. Des critiques s'élèvent pour
dénoncer la précarité de leur
situation;
des esprits charitables s'émeuvent....Mais il faut attendre
1868
pour qu'enfin le
commandement réagisse. Une commission d'enquête
est
créée par la Maréchal NIEL,
alors ministre de la Guerre.
Ses conclusions
sont
désastreuses, non pour l'Institution en soi, mais pour sa
conception de
l'époque. Le décès du
Maréchal puis la
guerre de 1870 différeront la mise en
oeuvre de réformes. Elles n'interviendront qu'en 1875 dans
le
cadre de la
réorganisation générale des
armées.
**********
2)
1884 -
1982
LES ECOLES MILITAIRES
PREPARATOIRES
- LES COLLEGES MILITAIRES
1) Description
La loi cadre de
1875 portant réorganisation de
l'armée
prévoit la création d'une école
d'enfants de
troupe à titre d'essai.
Après
quelques péripéties en
rapport avec son lieu d'implantation, elle ouvre ses portes le 25
février 1876
à Rambouillet.
Les enseignements
dégagés de
son fonctionnement sont à la base des dispositions de la loi
de
1884 (loi bien
connue qui ne devait être abrogée qu'en 1982)
Elle met fin au
système des
enfants de troupe dans les régiments et porte
création,
à leur intention, de
six écoles militaires préparatoires :
Autun, Billom, Les
Andelys,
Montreuil -sur- Mer, Rambouillet et Saint - Hippolyte du Fort, afin
qu'ils
reçoivent, aux frais de l'Etat, une instruction et une
éducation qui les
mettent à même de servir utilement leur pays dans
l'armée.
On retrouve dans la
loi les
caractéristiques originelles du statut d'enfant de troupe.
L'origine du
recrutement est maintenue parmi les couches modestes de la famille
militaire;
les frais d'entretien et d'enseignement sont supportés par
l'Etat; la
contrepartie de ces avantages matériels demeure :
l'engagement
à 18 ans, en
qualité de soldat de deuxième classe, pour une
durée minimale de cinq ans ou le
remboursement d'une partie des frais occasionnés
à l'Etat
(50%).
Mais l'enfant
étant encore
mineur à l'âge obligatoire d'engagement (18 ans) et,
à
fortiori, lors de son
admission dans les écoles (13 ans) ce sont les parents ou
les
tuteurs légaux
qui, anticipant sur l'avenir des enfants, signent, dès
l'admission,
l'autorisation d'engagement.
En
complément de ces
dispositions figure sur la loi le concept d'enfant de troupe dans la
famille :
une aide est fournie aux ayants droit de la famille militaire
(garçons de deux
à treize ans sélectionnés sur dossier
par des
commissions régionales et
rattachés administrativement à des corps de
troupe de
l'armée de terre) sous la
forme d'une allocation en numéraire et de divers autres
avantages matériels
(transport, soins) ainsi que d'une priorité pour l'admission
dans les écoles.
5000 postes budgétaires sont ainsi réservé
aux enfants
de troupe dans la famille,
portés à 7000 par un
arrêté
ultérieur (1930). Toutefois
l'allocation en numéraire sera discrètement
supprimée, à la demande de l'
état-major, par la
loi de Finances de 1934 et le concept
tombera progressivement en désuétude pour
disparaître définitivement en 1959.
La loi de 1884,
étape
significative dans l'évolution de l'Institution, a
marqué
un progrès
plus que sensible par
rapport aux errements
antérieurs.
Nul doute encore
que ce soit,
comme au temps de CHOISEUL puis de BONAPARTE, la volonté
d'aide
sociale à la
famille militaire qui ait prévalu dans l'esprit du
législateur. Mais là se
situait peut être, paradoxalement, le vice majeur du
système....
2) Evolution
Sans vouloir en
aucune
manière minimiser le rôle joué dans
l'évolution du dispositif des écoles
militaires préparatoires par certains grands anciens, (le
général MATTER,
inspecteur de l'infanterie et le capitaine NACHIN son adjoint, ami
intime d'un
certain capitaine de GAULLE) par les professeurs attachés
à tirer le meilleur
parti de la "matière" qui leur était
confiée, par
l'Association des
anciens enfants de troupe, créée
en 1910, il faut
bien
convenir que c'est le souci de rentabilité des
écoles qui
a prévalu dans
l'esprit du commandement :
- à partir
de 1919, pour
étoffer les corps des sous-officiers et disposer d'un
complément de qualité
dans les grades subalternes des
corps
officiers;
- à partir
de 1945, pour
élargir le recrutement des corps officiers.
a/ 1884 - 1919
D'inspiration
généreuse mais
avec pour préoccupation essentielle, de la part du
législateur, de soustraire
les enfants de troupe au régime peu approprié des
corps
de troupe, la loi de
1884 comportait malgré tout une lacune et une
déficience.
Rien n'était
prévu en effet
pour porter assistance, antérieurement à leur
éventuelle entrée dans les écoles
militaires préparatoires, aux orphelins militaires.
Conscient de
cette
situation, disposant des moyens financiers nécessaires, un
certain commandant Hériot
s'attache
à combler cette lacune. Il crée sur ses
deniers, l'orphelinat
militaire Hériot,
à La Boissière, qui
sera bien vite reconnue "école militaire
préparatoire"
par un
ministre de la Guerre, sans aucun doute ravi de l'aubaine...le
général
BOULANGER !
La
déficience a trait, comme
par le passé, mais dans une mesure nettement moindre,
à
l'enseignement
dispensé, orienté exclusivement vers le primaire.
Entrant à 13
ans révolus dans
les écoles après un concours sélectif,
soumis
à une discipline parfois
excessive et au carcan d'une administration tatillonne, les enfants
bénéficiaient certes d'un entraînement
physique
assez poussé et d'une formation
pré-militaire
mais leur formation
générale laissait à
désirer : elle les vouait à des
carrières
militaires limitées ou les laissait
insuffisamment préparés pour affronter la vie
civile.
Certains ont certes
émergé ;
le mérite leur en revient au premier chef mais ils le
doivent
aussi à des
circonstances favorables ou à la volonté
de professeurs acharnés à déborder le
strict cadre
de l'enseignement qui leur
était imposé. Songeons par exemple que le
succès
de 16 élèves de Rambouillet au
brevet fût, en 1912, salué comme un exploit !
De là,
passé l'engouement
initial, une désaffection progressive mais importante des
écoles ; sur les 3000
places offertes et occupées à l'origine, 2000
seulement
le sont en 1910 et 1800
en 1919 !
Les
conséquences de la
Première Guerre mondiale vont amener le commandement
à
s'intéresser de plus
près au potentiel qu'elles représentent pour
l'encadrement des armées.
La brillante
conduite des
enfants de troupe au feu n'est d'ailleurs pas
étrangère
à ce regain d'intérêt.
b/ 1919 - 1942
En 1919, le
commandement a
besoin de sous-officiers "généralistes" ou
techniciens ;
il lui faut
aussi élargir le recrutement des écoles d'armes, complément
indispensable à
l'alimentation du corps d'officiers par la voie
des grandes écoles,
Polytechnique et Saint-Cyr en
particulier.
Il résulte
de ces besoins (et
aussi des pressions exercées et déjà
soulignées) une réorganisation
complète du
dispositif issu de la loi de 1884 :
- création
d'un tronc commun de
base, couvrant en gros le premier degré de
l'enseignement secondaire (Billom, Les
Andelys,
Rambouillet, Saint-Hyppolite-du-Fort,
puis
Epinal), avec obligation de
passer le brevet ;
-
spécialisation d'une école
(Autun) dans le deuxième cycle de l'enseignement secondaire,
amenant quelques
élèves au baccalauréat ;
- création
d'une branche
technique (Tulle)
Des retouches sont
d'ailleurs
apportées au statut initial par l'élargissement
du
recrutement aux fils de
citoyens français ayant satisfait à leurs
obligations
militaires (conséquence
sociale de la guerre) et, surtout, la possibilité
pour les
élèves brillants de
bénéficier d'un sursis
d'engagement à l'âge fatidique de 18 ans et de pouvoir,
ainsi,
préparer les
grandes écoles au Prytanée militaire. La
passerelle qui
conduit à cet
établissement de grande renommée
s'élargit ainsi
pour les enfants de troupe.
La filière
perdurera, encore
que ses effets, pour cette période, en furent
limités.
Qu'on en juge par les
chiffres : de 1930 à 1941, quelque cinq cent
élèves par an sont admis dans les
écoles ; 350 environ s'orientent vers une
carrière
militaire de sous-officier
ou d'officier par le biais des écoles d'armes ; 48 par an en
moyenne obtiennent
la première partie du baccalauréat et 32 la
seconde
partie qui seule, donne
accès à la "voie royale" de recrutement des
officiers,
Polytechnique
ou Saint-Cyr.
Là devait se
situer l'effort
dans les années qui suivirent.
c/ 1942 - 1982
Pendant la Seconde
Guerre
mondiale les écoles du nord de la France (Epinal, Les
Andelys,
La Boissière)
sont repliées en zone sud, elle même
occupée en
novembre 1942. Elles deviennent
établissements d'éducation. Ce
maquillage, que les
élèves
perçoivent surtout dans les restrictions d'alimentation et
les
difficultés pour
aller en permission, n'empêche nullement le patriotisme des
plus
âgés de se
manifester ( Billom, Tulle et surtout Autun).
Mais
néanmoins l'évolution se
poursuit...
En 1942, pour la
première
fois, des élèves sont admis dès la
classe de 6eme.
: les
écoles de base (Billom, Montélimar puis Aix en
Provence,
Les Andelys) se
consacrent pleinement au premier degré du secondaire alors
qu'Autun affirme sa
vocation au deuxième degré et qu'une nouvelle
école technique s'ouvre
au Mans en
1947.
Conjointement,
mettant fin à
la situation de monopole du Prytanée, des classes
préparatoires s'ouvrent à
Autun (Saint-Cyr), Aix en Provence (Santé), Le Mans (Arts et
Métiers).
L'admission
à l'école
spéciale militaire de Saint-Cyr reste cependant l'objectif
majeur en raison de
la baisse d'audience que connaît cette école dans
les grands
lycées civils et des fermetures
successives des "corniches" de
préparation.
Quelques chiffres
permettent
de bien traduire l'élévation du niveau des
débouchés. Au 1er janvier 1930, 1270
anciens enfants de troupe servaient dans les
armées en qualité d'officiers et 2212 en
qualité de sous-officiers ;
au 1er octobre 1984 et pour la
seule
armée de terre ( à
l'exclusion notamment du Service
de
Santé et de la Gendarmerie) on comptait 2175 officiers et
891
sous-officiers
issus des écoles militaires préparatoires.
De 1920 à
1938, 622 élèves
ont obtenu le baccalauréat ; ils furent 1678 à
l'obtenir
de 1941 à 1960. De 20
à 22 en moyenne par an à être admis
à
Saint-Cyr entre
1931 ET 1039 le nombre des
admis passe
44 entre 1951 et 1960, pour atteindre 96 (46,3 %) en 1976 !
Ultime
évolution pour la
période considérée : les
écoles militaires
préparatoires encore existantes en
1974 (Aix en Provence, Autun et le Mans) deviennent des
collèges
militaires. Il
s'agit d'une première étape de
l'unification des statuts des enfants de
troupe de ces
trois
écoles. La mesure prise traduit
seulement
la volonté du
commandement d'unifier
certaines
procédures d'admission en les rapprochant de celle du
Prytanée et du collège
militaire de Saint-Cyr et d'éviter par ailleurs toute
confusion
avec d'autres
écoles
spécifiquement militaires. N'oublions pas,
en effet, que
les élèves
des écoles militaires préparatoires restaient des
"civils" (1) en
dépit de l'uniforme porté et du régime
intérieur, très militarisé, des
établissements.
(1) Beaucoup
d'élèves ont
découvert, parfois assez tard, avec amertume, qu'ils
n'étaient que des...
"pékins"
, ...sauf dans les coeurs.
**********
3)
1982 – 1989
LES
LYCEES MILITAIRES
1) Description
Etudiée
dès 1979, retardée dans
sa mise en œuvre par plusieurs changements à la
tête
du ministère de la Défense
(quatre ministres successifs de septembre 1980 à mai 1981),
la
réforme dite de
1982 répond à plusieurs objectifs :
- unifier au mieux
le statuts
des établissements d’enseignement
général
des trois armées ;
- affirmer leur
vocation
d’aide à la famille militaire ;
- valoriser cette
vocation
par la diversification des filières de
l’enseignement
secondaires et
l’admission des filles
Tels sont les
fondements du
dispositif retenu.
Les
établissements reçoivent
l’appellation de lycée militaire. Il
s’agit pour
l’armée de Terre, du Prytanée
national militaire de La Flèche, des ex-collèges
militaires de
Saint-cyr-l’école, d’Aix en Provence et
d’Autun ; pour la Marine, de
l’ex-collège naval de Brest ; pour
l’armée
de l’Air, de l’école des
Pupilles de l’Air de Grenoble.
Trois
établissements restent cependant
à l’écart de la
réforme : le
collège technique du Mans, dont la
dissolution est programmée pour 1985, l’Ecole
Militaire
Préparatoire du Tampon
à La Réunion, adaptée aux besoins
locaux, qui
fermera ses portes en 1991 et la
Maison des Ailes d’Echouboulains,
réservée aux
filles de la famille
aéronautique militaire, qui sera dissoute en juillet 1995.
Les Lycées
militaires, assimilés
à des corps de troupe, conservent de ce fait, un encadrement
militaire et leurs
traditions spécifiques, en particulier leur
emblème. Les
ayants droit restent
sensiblement les mêmes que par le passé mais
l’admission est organisée pour
favoriser l’accès des enfants de la famille
militaire.
L’effort au bénéfice de
l’enseignement secondaire se traduit par la suppression du
premier cycle, sauf
à Autun, qui accueille certains élèves
en
provenance de l’Ecole Hériot
et, pour des raisons évidentes à Grenoble.
Si la
priorité est
certes
consentie à
l’aide à
la famille, la vocation des
établissements au recrutement de cadres pour les
armées
est néanmoins
maintenue. Cette double finalité se traduit par deux
régimes d’accès qui, à
partir d’un concours unique à
l’entrée en
seconde, distribuent les élèves par
catégories.
Le premier
régime d’accès, au
titre de l’aide à la famille, est payant mais avec
un
système de remises
partielles ou totales qui en atténue le coût pour
les
familles les plus
défavorisées. Pour les
élèves admis au
titre de ce régime aucune contrepartie
d’engagement ou de remboursement n’est due
à
l’issue des études.
Le deuxième
régime d’accès,
au titre
de l’aide au
recrutement,
est
en revanche gratuit. Mais en contrepartie, un contrat
d’éducation lie les
parents de l’élève mineur, ou
l’élève devenu majeur, à
l’Etat qui
contraint
celui-ci ou ceux-là à
rembourser les frais
occasionnés si
l’élève ne s’engage pas au
service de l’Etat pour une durée minimale de trois
ans
à l’issue de ses études.
On retrouve ainsi, dans ce régime, mais en beaucoup moins
contraignantes que
par le passé, certaines des dispositions du statut originel
des
enfants de
troupe.
2) Evolution
Dès 1984,
une modification
sensible est apportée au dispositif de 1982 qui accentue la
priorité donnée à
l’aide à la famille au détriment de
l’aide au
recrutement. Le régime d’accès
correspondant à cette dernière forme
d’aide est
supprimé dans les classes du
secondaire pour n’être maintenu que dans
les classes
préparatoires aux
grandes écoles.
De nouveaux
ajustements,
datant du 11 octobre 1990, accentuent la vocation sociale, au
bénéfice des
militaires, des classes du secondaire ; décident la
primauté, dans les
modalités d’accès, des
critères sociaux et
professionnels sur les critères académiques,
et l’ouverture de nouvelles filières à
Autun.
D’autres
évolutions
partielles interviennent pour tenir compte des aspirations des
élèves et de
leurs parents.
La dernière
en date tend à
ouvrir, à la rentrée 2000, les concours des
grandes
écoles civiles aux élèves
des classes préparatoires et met l’accent sur le
rôle social des
établissements, dans le cadre d’un projet
éducatif
rénové qui allie la
recherche permanente de l’excellence scolaire et
l’ouverture à la société.
Sous peine
d’aller rapidement
vers la sclérose, les lycées militaires doivent
suivre
l’évolution d’une
société en mouvement, au sein de laquelle les
armées se réorganisent à un
rythme régulier et soutenu, leur professionnalisation
n’étant pas le moindre de
ces bouleversements.
Celle ci devrait
d’ailleurs
engendrer de nouveaux besoins en scolarisation, pour les futurs enfants
des
engagés, dont le corps devrait être
constitué en
totalité en 2002. Voilà sans
doute une perspective d’avenir pour les
établissements
scolaires militaires,
sous-tendue par la réaffirmation récente
donnée
à l’aide aux familles.
Ceux qui veulent
comparer la
situation de ces nouveaux lycéens avec ce
qu’étaient les élèves des
écoles
militaires préparatoires, avec les enfants de troupe dans la
famille ou dans
les régiments, pourront être troublés,
voire
désappointés, et on peut
comprendre leur nostalgie. Mais l’essentiel demeure,
c’est
à dire une
institution spécifique, adaptée aux besoins de la
communauté militaire, où
continue à souffler un état d’esprit
que les
enfants de troupe d’origine ont
largement contribué à forger et entretenir.
UN
ETAT D’ESPRIT,
UN
SOUFFLE….
Plus que son
statut, si
original qu’il est été, c’est
en effet un
certain état d’esprit, un souffle qui
a caractérisé l’institution des enfants
de
troupe ; il est resté le même
au hasard des péripéties administratives qui ont
marqué son évolution et des
évènements qui on fait l’histoire de
notre pays.
Ce souffle a
porté Pierre
BAYLE, le tambour d’Arcole, VIALA, BARA,
STROH ; ce souffle a porté les obscurs, les
sans-grade qui
ont fait
anonymement mais courageusement leur devoir d’homme, de
citoyen
et de soldat,
qui ont été blessés dans leur chair ou
dans leur
âme, qui ont laissé leur vie
au cours des campagnes de la Révolution et de
l’Empire, au
cours des conquêtes
coloniales, au cours des trois guerres qui ont ensanglanté
la
France en moins
d’un siècle ; ce souffle, enfin, est
celui qui a
porté les Résistants à
l’occupation allemande, RUIBET, MARTRICE, RICOUARD et ses
compagnons du Mont-Mouchet,
GANGLOFF et
ses compagnons du camp d’Autun,
LORENZI de l’école des pupilles de
l’Air, et combien
d’autres depuis, en
Indochine et en Algérie, ainsi qu’au cours des
opérations plus récentes.
PUISSE CE SOUFFLE,
CELUI DES
CŒURS PATRIOTES ET DES AMES GENEREUSES, SE
PERPETUER…
Annuaire AET
**********
4)
Les
écoles et leurs devises – les Emblèmes
1/
LES
ECOLES – LEURS DEVISES
2/
LES EMBLEMES
3/
LES INSIGNES
1/ LES ECOLES
Les écoles
sont présentées
par ordre alphabétique et par
référence à
leur lieu d’implantation
géographique. Il s’agit
d’établissement
général ou technique ayant accueilli ou
accueillant, préalablement à leur engagement dans
les
armées, des élèves
civils. La seule exception concerne l’école
d’Issoire en raison d’une part de ses
liens de filiation avec l’école de Tulle et,
d’autre
part, de la possibilité
offerte à ses anciens élèves
d’adhérer à l’association des
AET.
Par ailleurs, seuls sont évoqués les
établissements gérés par les
armées,
à
l’exclusion par exemple des maisons
d’éducation de
la Légion d’Honneur, qui
sont placées sous l’autorité du grand
Chancelier.
La plupart des
écoles ayant
été ou étant
gérées par
l’armée de Terre, seules figurent les mentions
d’exception :
Marine Nationale ou
Armée de
l’Air notamment.
A chaque
école est jointe sa
devise ainsi que son abréviation, entre
parenthèses.
EX : (BI) pour Billom
Par tradition, les
enfants de
troupe se présentent toujours en donnant leur nom, suivi de
leur
école et de
l’année d’entrée dans cette
école.
EX : Delta, Billom 195x
Dans un texte, ou
courrier,
il y sera fait référence, également,
en utilisant
l’abréviation : Delta BI
5x
---------------------------------------------------------------------------
AFRIQUE DU NORD
(Algérie) –
Ecole militaire préparatoire
-
Créée en 1942 à Hammam-Riga (HA)
sa devise :
« S’INSTRUIRE,
SERVIR »
- dissoute en 1945,
- réouverte
en 1946 à Milana,
(MI) sa
devise : «
UN
SEUL CŒUR, UN SEUL DRAPEAU »
-
transférée en 1951 à Koléa (KO) et
aussi
: « S’INSTRUIRE,
SERVIR »
- dissoute en 1963
---------------------------------------------
AFRIQUE NOIRE ET
MALGACHE


---------------------------------------------
AIX EN PROVENCE
(Bouches-du-Rhône) Ecole militaire préparatoire
(AI)
EN ACTIVITE
Sa devise :
« BIEN
S’INSTRUIRE
POUR MIEUX
SERVIR »
-
créée en 1947 à la
dissolution de l’école d’Epinal qui
fût
transférée à Montélimar
pendant la
Seconde Guerre (39-45)
- devenue
collège militaire
en 1974
- devenue
lycée militaire en
1982
Son monument aux
morts est
celui de l’école d’Epinal
transféré
à Aix en Provence
----------------------------------------------
AUDINAC-LES-BAINS (Ariège)
– Centre
« Bayard » (AD)
Sa devise :
« SE
VAINCRE POUR MIEUX SERVIR »
-
Créé en 1941 pour l’accueil
des élèves des EMP ayant terminé leurs
études et en instance d’engagement.
- dissout en 1944
----------------------------------------------
AUTUN
(Saône-et-Loire) -
Ecole militaire préparatoire (AU)
EN ACTIVITE
Sa devise :
« POUR
LA PATRIE TOUJOURS PRESENTS » ou
« DISCIPLINE,
TRAVAIL, PATRIE »
(1940-1944)
-
créée en 1886
-
transférée à Valence
(Drôme) le 26 août 1940 puis au camp de Thol (Ain)
près de Pont-d’Ain, le 1er
Septembre 1943,
-
réimplantée à Autun en
décembre 1944,
- devenue
collège militaire
en 1974,
- devenue
lycée militaire en
1982
L’école
d’Autun est la seule
qui, fondée en application de la loi de 1884, ait
fonctionné, depuis sans
discontinuer.
----------------------------------------------
BAYARD (Centre)
-voir AUDINAC-LES-BAINS
----------------------------------------------
BEZIERS (
Hérault) (BE)
- voir LES ANDELYS
----------------------------------------------
BILLOM (Puy de
Dôme) - Ecole
militaire préparatoire (BI)
Sa devise :
« HONNEUR ET PATRIE – VALEUR ET
DISCIPLINE » « NE PAS
SUBIR » à partir de 1951
-
créée en 1886
- dissoute en 1963
(locaux
transférés à l’Education
Nationale)
-----------------------------------
BINGERVILLE (Côte-d’Ivoire)
(BN)
- voir Outre-mer
-----------------------------------
BRAZZAVILLE (Congo)
(BR)
- voir Outre-mer
-----------------------------------------------------
BREST
(Finistère)
- Collège
militaire
(BT)
EN ACTIVITE
Sa devise :
«
HONNEUR ET PATRIE – VALEUR ET DISCIPLINE »
-
Créé en 1966 sous
l’appellation de Collège Naval et doté
d’un
statut sensiblement identique à
celui du Prytanée de La Flèche,
- devenu
lycée militaire en
1982 sous l’appellation de Lycée Naval
-
établissement géré par la
Marine Nationale
-----------------------------------------------------
CAP SAINT JACQUES
(Viêt-nam)
(SJ)
- voir
Indochine
-----------------------------------------------------
DALAT (Annam) (DA)
- voir Indochine
-----------------------------------------------------
DRAGUIGNAN (Var)
-voir La
Boissière
-----------------------------------------------------
ECHOUBOULAINS
(Seine-et-Marne)
- Etablissement
d’enseignement général
réservé aux
filles de la famille aéronautique ,
-
créé en 1942, sous
l’appellation de Maison des Ailes,
-
géré par l’Armée de
l’Air,
- fusionné
avec Grenoble en
1995.
--------------------------------------------------------------
EPINAL (Vosges) -
Ecole
militaire préparatoire (EP)
Sa devise :
« QUI
S’Y
FROTTE S’Y
PIQUE »
-
Créée en 1934 à la
dissolution de l’EMP
de Rambouillet,
- repliée
à Niort (1939)
puis, après un transit de deux mois à
Chomérac
(Ardèche), à Montélimar
(Drôme)
en 1940,
- dissoute en 1946
à la
création de l’EMP
d’Aix
en Provence.
---------------------------------------------------------------
FIANARANTSOA (Madagascar) (FI)
- voir Outre-mer
GRENOBLE
(Isère) - Ecole des
Pupilles de l’Air réservée aux
garçons de la
famille aéronautique
EN ACTIVITE (EPA)
Sa devise :
« A
PLUS NOBLE PLUS HAUT »
Ecole des pupilles
de l’air,
réservée aux garçons et aux filles de
la famille
aéronautique. Créée en 1941,
devenue lycée militaire en 1982, sous son appellation
originelle. Gérée par
l’armée de l’air.
----------------------------------------------------------------
HAMMAM-RIGHA (Algérie) (HA)
- voir AFRIQUE DU
NORD
-----------------------------------------------------------------
HERIOT
- voir La
Boissière
-----------------------------------------------------------------
INDOCHINE (Asie du Sud-Est)
De nombreuses
écoles
d’enfants de troupe ont existé dans ce territoire
de 1889
à 1956. Le
récapitulatif présenté ci dessous
reste sommaire.
------
CAP SAINT-JACQUES
– Ecole
d’enfants de troupe Indochinois
Sa devise :
« S’INSTRUIRE
POUR
SERVIR »
-
créée en 1911 au camp des
Mares puis transférées successivement en 1923 à
Thu
Dâu
Môt,
en 1930 au Cap Saint-Jacques, en 1945 à Bària,
- mise en sommeil
de 1945 à 1946,
- réouverte
à Dakao
(Saïgon)
en 1946
puis réinstallée successivement au Cap
Saint-Jacques
– caserne Beylié
en 1947 puis
caserne des Landes en 1950. Son
encadrement est en partie pris en charge par
l’armée viêt-namienne
après les accords de
Genève en 1954,
-
transférée en 1956 à
l’armée viêt-namienne.
-------------------------------------------------------
ECOLES VIET-NAMIENNES
– Ecoles d’enfants de troupe viêtnamiens
-
créées à partir de 1951
dans chacune des quatre régions militaires au
Viêt-nam.
- regroupées
à Vung
Tàu
(anciennement Cap
Saint-Jacques) après le départ des
dernières
troupes françaises en 1956.
---------
DALAT (Anamm)
– Ecole d’ernfants
de troupe
eurasiens (DA)
Sa devise :
« S’INSTRUIRE
POUR
SERVIR »
-
créée en juin 1939,
- dissoute en 1944,
- réouverte
quelques mois à Kompong-Chuang,
réintègre Dalat en
septembre 1946,
- dissoute en 1954
(transférée à Cap Saint-Jacques)
----------------------------------------------------------
ISSOIRE (Puy-de-Dôme)
– Ecole de formation
des
sous-officiers de l’Armée de Terre branche
techniques (IS)
-
créée en 1963 sous
l’appellation d’école
d’enseignement technique
de l’armée de terre (EETAT) avec
une annexe à Tulle, fermée en 1984.
- prend en 1982
l’appellation
d’école nationale technique des sous-officiers
d’active (ENTSOA),
- fermée en
1998.
----------------------------------------------------------
KATI (Mali) (KA)
-voir Outre-mer
----------------------------------------------------------
KOLEA (Afrique du
Nord)
(KO)
-voir Afrique du
Nord
LA BOISSIERE
(Yvelines) –
Orphelinat Hériot
(du nom de son
fondateur, le
commandant O.HERIOT)
– (LB)
EN ACTIVITE
Sa devise :
« SENS
DE L’HONNEUR
ET DE LA
PATRIE »
Ou
« ILS
SERONT ELEVES DANS LE CULTE DE L’HONNEUR
ET DE LA PATRIE »
- Fondé en
1886
- classé
école militaire
préparatoire en février 1887,
- devenu
« Ecole
enfantine Hériot »
en
1917,
- replié
à Draguignan (Var)
puis à La Roche-Posay
(Vienne)
pendant la seconde
Guerre mondiale,
- réouvert
à La Boissière à
la fin de la guerre,
-
transféré à l’Education
Nationale en 1966 sous l’appellation d’Ecole
Nationale Hériot,
- Etablissement
géré par le
Conseil Régional d’Ile-de-France (loi de
décentralisation de 1982) (Ecole
régionale Hériot)
---------------------------------------------------------
LA FLECHE (Sarthe)
– Collège
d’enseignement
(LF)
EN ACTIVITE
Sa devise :
« HONNEUR ET PATRIE »
- Fondé en
1604 par Henri IV
et géré par les Jésuites
jusqu’en 1762,
- école
militaire
préparatoire de 1764 à 1776,
- Prytanée
militaire en 1808
(transfert de l’établissement existant
à
Saint-Cyr) ; replié à Valence
pendant la Seconde Guerre mondiale,
- devenu
lycée militaire en
1982 sous l’appellation de Prytanée national
militaire
--------------------------------------------------------
LA ROCHE-POSAY
-voir La
Boissière
--------------------------------------------------------
LE MANS (Sarthe)
– Ecole
militaire préparatoire technique (LM)
Sa devise :
« INSTRUITS, DROITS ET ADROITS »
-
créée en 1947,
- devenue
collège militaire
technique en 1974,
- mise en
extinction en 1982,
- dissoute le 22
juin 1985
---------------------------------------------------------
LES ANDELYS (Eure)
– Ecole
militaire préparatoire (LA)
Sa devise :
«
REPOS AILLEURS » - 1921 ou
« FRANCE, FORCE,
FIERTE, FIDELITE »
-
créée en 1887,
- repliée
sur Montauban puis
à Béziers, puis répartie entre les EMP
de Billom,
Epinal (repliée à Montélimar)
et Tulle, pendant la Seconde Guerre mondiale,
- réouverte
aux Andelys en 1945,
- dissoute en 1968.
-----------------------------------------------------------
LE TAMPON (
La Réunion) Ecole
militaire préparatoire
(RE)
Sa devise :
« S’INSTRUIRE,
SERVIR, SE
DISTINGUER »
-
créée en 1972 avec un
statut spécifique adapté aux besoins locaux,
- dissoute en 1991.
-----------------------------------------------------------
MILIANA (
Algérie) (MI)
-voir Afrique du
Nord
-----------------------------------------------------------
MONTELIMAR
(Drôme)
- voir Epinal
-----------------------------------------------------------
MONTREUIL-SUR-MER
(Pas-de-Calais)
Ecole militaire
préparatoire (MO)
Sa devise :
« SURTOUT QU’ON
NOUS
ATTENDE »
-
créée en 1886,
- repliée
aux Andelys pendant
la Première Guerre mondiale,
- réouverte
à Montreuil-sur-Mer en 1919,
- dissoute en 1924
(à
l’ouverture de l’EMPT
de Tulle).
------------------------------------------------------------
NIORT
(Deux-Sèvres)
- voir Epinal
-------------------------------------------------------------
OUAGADOUGOU
(Burkina-Faso)
(OU)
- voir Outre-mer
-------------------------------------------------------------
OUTRE-MER (Afrique Noire et Malgache)
– Ecoles
militaires
préparatoires dites
« d’Outre-mer »
-
créées en 1956 à Bingerville
(Côte d’Ivoire), Brazaville
(Congo), Fianarantsoa (
Madagascar), Kati
(Mali),
Saint-Louis
(Sénégal) et
Ouagadougou (Burkina-Faso),
- dissoutes ou
transférées
aux Etats correspondants lors de leur accession à
l’indépendance.
---------------------------------------------------------------------
RAMBOUILLET
(Yvelines) –
Ecole d’enfants de troupe (RA)
Sa devise :
« GRANDIR, COMBATTRE, VAINCRE »
- Fondée le
26 février 1876 à
titre d’école expérimentale,
- classée
« Ecole
militaire préparatoire » en 1885
- dissoute en 1934
(à
l’occasion de la créationde
l’EMP
d’Epinal)
L’école
de Rambouillet est la
seule à avoir eu (pendant 9 ans), en métropole,
l’appellation officielle
d’école d’enfants de troupe, que la
seule tradition
a perpétué pour les autres EMP.
---------------------------------------------------------------------
SAINT-CYR L’ECOLE
(Yvelines) – Collège militaire
(SC)
EN ACTIVITE
Sa devise
« ILS S’INSTRUISENT
POUR
VAINCRE »
-
créé en 1966 avec un statut
similaire à celui du Prytanée, de
- devenu
lycée militaire en
1982.
---------------------------------------------------------------------
SAINT-HIPPOLYTE DU
FORT
(Gard) – Ecole militaire préparatoire
(SH)
Sa devise :
« AU
SEUL SERVICE DU PAYS » ou « POUR
LA
FRANCE »
-
créée en 1886,
- dissoute en 1934,
à la
création de l’EMP
d’Epinal.
---------------------------------------------
SAINT-LOUIS (Sénégal)
(SL)
- voir Outre-mer
---------------------------------------------
THOL (Ain)
- Camp de Thol,
voir Autun.
---------------------------------------------
TULLE
(Corrèze) – Ecole
militaire préparatoire technique (TU)
Sa devise :
« BIEN
APPRENDRE POUR MIEUX SERVIR »
-
créée en 1924 ( à
la
dissolution de l’EMP
de
Montreuil-sur-Mer),
- dissoute en 1967,
- annexe de
l’école de
formation des sous-officiers de l’Armée de Terre
jusqu’ en 1984,
- une partie est
devenue
siège du Conseil Général de la
Corrèze
depuis 1990.
----------------------------------------------
VALENCE
(Drôme)
- Voir Autun
CONCLUSION
Au cours de
l’histoire, et
depuis la mise en application de la loi de 1884, 27 écoles
militaires furent
ainsi créées, en métropole, Afrique,
Outre-mer, et
la plupart dissoutes au fil
des années.
Cependant pour
l’immense
majorité des élèves, jeunes ou moins
jeunes AET,
qui y ont étudié, un lien
« spécial » a
été
tissé entre eux, qui les unit
par delà le temps, les frontières, les
aléas de
l’histoire et de la vie.
Lorsqu’ils se
retrouvent
entre eux, quelques soient les parcours de vie effectués par
chacun d’eux
« le courant passe », comme
s’ils ne
s’étaient jamais quittés, ou
toujours connus, et ce, malgré les cultures et les
traditions
propres à chaque
établissement. Sans doute une histoire de famille,
solidement
ancrée dans le
temps et dans la France, par des racines dont on a peine à
imaginer la force….
Aujourd’hui
seuls six lycées
militaires sont encore en activité :
AUTUN
(Armée de Terre)
AIX EN PROVENCE
(Armée
de Terre)
SAINT CYR
(Armée de Terre)
GRENOBLE
(Armée de
l’Air)
BREST
(Marine Nationale)
LA FLECHE
(Armée de Terre)
Nous leur
souhaitons longue
vie et succès pour que « vive la
France ».
**********
2/ LES EMBLEMES
Les
Décorations collectives
En vertu de la
réglementation
en vigueur, les lycées militaires, assimilés
à des
corps de troupe, ont droit à
un emblème spécifique qui porte dans ses plis les
décorations méritées par les
écoles militaires lorsqu’ils ont
hérité des
traditions de ces écoles.
Il
s’agit :








Rappelons que deux
écoles,
celles de Tulle et d’Autun, sont en outre titulaires de la
Médaille de la
Résistance avec rosette, et que l’Ecole des
Pupilles de
l’Air est titulaire de
la Médaille de l’Aéronautique.
Les emblèmes
des écoles
dissoutes sont, par autorisation spéciale du Ministre de la
Défense, conservées
au Musée des enfants de Troupe et des écoles
militaires
préparatoires à Autun.
3/ LES INSIGNES
L’insigne est
la marque
symbolique personnalisée d’une formation
militaire. Les
premiers sont apparus
durant la Première Guerre mondiale. Mais, avant
d’être portés par l’homme, ils
furent dessinés ou peints sur des matériels de
combat
(aéroplanes) ou de
transport (camions).
Au même titre
que les autres
formations militaires, les écoles militaires
préparatoires se sont progressivement
dotées d’insignes métalliques. Le
premier apparut
en 1933, à
Saint-Hippolyte-du-Fort, œuvre du commandant Paul LECCIA (SH
95-00) commandant
de l’école. Le même, nommé
commandant de
l’école d’Autun, récidiva
l’année
suivante dans cette école. En 1939, chaque école
avait
son insigne spécifique
de poitrine.
Ces insignes
tendaient à
symboliser à la fois l’héritage des
valeurs
militaires, des principes
d’éducation, des
spécificités et le lieu
d’implantation géographique de
l’école
(casque gaulois pour Billom, cigogne pour Epinal, drakkar pour Les
Andelys,
roue dentée pour Tulle et Le Mans, minaret pour Koléa,
tête africaine pour les écoles
d’Outre-mer,
configuration générale du pays pour
Fianarantsoa ou Dalat).
Depuis 1948,
à la suite d’une
décision de l’Etat-major, un modèle
unique
d’insignes a été homologué
pour
l’ensemble des écoles militaires
préparatoires. Il
fait appel au symbole
« des lauriers universitaires naît le
jeune
combattant ». Bien que le
lieu d’implantation de l’école ait pu
continuer
à figurer, symbolisé, sur
l’insigne, cette uniformisation a annihilé du
même
coup toute recherche de
personnalisation des écoles.
Les pages 16
à 18 de
l’annuaire AET comportent deux très belles
planches
reproduisant ces insignes.
Annuaire AET
Mémorial des
Enfants de
Troupe morts pour la France
- Jean
GALLE
- Billom 1940 - 1944
4)
ECOLE DES PUPILLES DE
L’AIR
« ELEVE JACQUES LORENZI »
1/ Historique
2/ Jacques LORENZI
3/ L’Antichambre
de Salon
4/ L’AEPA
------------------------------
Devise :
« A +
NOBLE + HAUT »
C’est la
seule école qui
n’ait pas eu la marque
« Terre » lors de sa
création.
1/ Historique
Dès 1939, le
Ministre de
l’Air se préoccupe du sort des enfants dont le
père
est décédé en service
aérien. La guerre arrête le projet, mais la
meurtrière ‘Campagne de France’ le
remet tragiquement d’actualité.
Un
arrêté du 11 août 1941
crée officiellement l’école des
pupilles de
l’Air (EPA). La ville de Grenoble
est choisie pour son site, les possibilités de logement
qu’offrent les locaux
de l’ancienne clinique du Dauphiné et pour sa
situation en
zone libre.
Une soixantaine de
jeunes
garçons, orphelins, forment la première promotion
en
Octobre 1941. En 1942,
l’aide à la famille est élargie aux
familles
nombreuses. Parallèlement est créé
un site d’enseignement technique qui fonctionnera
jusqu’en
1981.
Le 22 août
1944, l’élève
Jacques LORENZI tombe sous le feu de l’ennemi au cours des
combats pour la
libération de Paris. Sa citation est lue chaque
année par
le doyen des élèves à
ses camarades, à l’occasion d’une
cérémonie lors de la rentrée scolaire.
Les sections
préparatoires au
concours de l’Ecole de l’air sont
créées en
1947 et en 1948 les premiers élèves
sont admis à Salon-de-Provence. Le Ministre des
Armées
remet son drapeau à
l’école le 28 mars 1962.
Confirmée
par sa vocation
d’aide à la famille lors de la réforme
des
lycées militaires de 1983, l’EPA
poursuit sa mission d’éducation et
d’enseignement.
La première
jeune fille est
admise en septembre 1983 en classe préparatoire.
A la rentrée
de 1986, l’école
quitte le boulevard Joseph Vallier
à Grenoble pour
occuper ses nouvelles installations de Montbonnot.
En 1995, l’EPA
vit une nouvelle restructuration.
L’institution de
jeunes filles de la maison des Ailes d’Echouboulains en
région parisienne,
soutenue également par l’armée de
l’air, a
fermé ses portes en juin.
Ses
activités sont
transférées à la rentrée de
septembre sur
le site de Montbonnot.
La mixité est étendue aux classes du premier
cycle.
Après les travaux
d’extension de l’EPA
pour
l’accueil de ces jeunes
filles, la capacité de l’école a
été
portée à 800 élèves. De
nouvelles
filières
ont été créées,
diversifiant et
complétant la mission d’aide à la
famille. Il
s’agit notamment des baccalauréats dans les
séries
L (littéraire) et STT
(Sciences et techniques tertiaires) ainsi que du brevet
d’études
professionnelles « métiers de la
comptabilité ».
Le 14 juin 2000,
lors d’une
émouvante cérémonie
présidée par le
général Job, chef
d’état-major de
l’armée
de l’Air, l’école des pupilles de
l’air a
reçu son nom, soixante ans après sa
création.
Pour
l’armée de l’Air, comme
pour tous les élèves et anciens
élèves des
collèges et lycées militaires, pour
les anciens élèves des écoles
militaires
préparatoires, Jacques LORENZI restera
l’un des plus jeunes enfant de troupe morts pour la France,
et
c’est bien qu’un
lycée militaire perpétue son nom.
Journal des AET
N° 203 – N°
209 ; Air Actualités Juillet-Août
2001
---
2/ Jacques
LORENZI –
Citation
Elève
né le 31-10-1928 à
Asnières, Hauts de Seine – EPA 1941 –
mort pour la
France le 23-08-1944 à
Aubervilliers, Seine Saint Denis.
Médaille
militaire – Croix de
guerre 1939-1945 avec palme.
« Le
plus jeune enfant
de troupe, mort pour la France depuis 1884, date de création
des
écoles
militaires préparatoires. IL AVAIT 15
ANS. »
‘Attribution
de la Médaille militaire’ :
« Lorenzi
Jacques, Ecole des
Pupilles de l’Air,
jeune élève de l’Ecole des Pupilles de
l’Air.
Profondément pénétré des
glorieuses traditions de notre histoire et animé de la foi
la
plus ardente dans
les destinées de la Patrie, rejoint résolument un
groupe
de combat au cours
d’une permission et à l’appel solennel
de la
Résistance Française. Son
enthousiasme, son dynamisme, son calme sous le feu le
désignent
bientôt à
l’attention de ses
chefs qui le chargent de missions
de liaisons
importantes
et des plus dangereuses lors des combats de la libération de
Paris.
Dans
l’exaltation de ces
journées historiques, rend des services signalés
à
la cause nationale, révélant
ainsi à ses compagnons de lutte d’admirables
qualités de patriote et de soldat.
Tombé héroïquement pour la France le 23
août
1944, à l’âge de quinze ans se
rattache à cette haute et sublime lignée
d’enfant
de troupe qui, depuis le
tambour d’Arcole, marchent instinctivement
« au
canon » pour la sauvegarde
des Liberté Françaises et la Grandeur de la
Nation. Le
sacrifice de Jacques Lorenzi
comme celui
de ses jeunes camarades des écoles
militaires préparatoires tombés les armes
à la
main dans les rangs des F.F.I.
de la
Libération resteront parmi les plus purs des
témoignages d’une ferveur patriotique intacte et
de cet
esprit de résistance
irréductible ayant dressé invinciblement la fleur
de la
jeunesse française
contre les souillures de l’occupation
ennemie. »
Cette concession
comporte
l’attribution de la Croix de guerre avec palme.
Mémorial
page 318
----------
3/ L’Antichambre
de Salon
L’EPA
accueille les élèves de la sixième
à la
terminale.
Près de 800
élèves, garçons
et filles, 650 de la sixième à la terminale,
ainsi que
plus de 130 étudiants
dans les classes préparatoires aux grandes écoles
ont la
chance de pouvoir
étudier dans un cadre magnifique.
« …pour
cette mission au
profit d’élèves qui sont tous
‘civils’.. » l’école
est
placée sous la
tutelle du Directeur du personnel militaire de
l’Armée de
l’Air.
Les classes
préparatoires ont
été créées en 1947
à
l’école des pupilles de l’Air de
Grenoble.
Sélectionnés
sur dossier, les élèves des classes
prépa, ces
forts en maths, ont deux ans
pour se préparer au concours d’entrée
à
l’école de l’Air,
« voie
royale » pour faire carrière en tant
qu’officier dans l’armée de
l’Air.
« …
A Grenoble, tous les
atouts sont réunis pour que les jeunes qui arrivent
à
l’EPA
préparent le concours dans les meilleures conditions.
Encadrement militaire,
comportement et tenue corrects, rythme de vie stricte…
Même
s’ils sont civils,
« les poussins », comme on les
appelle ici,
découvrent un milieu avec
ses codes et ses règles. »
Alors…ils
s’envoleront un
jour avec les Aigles.
Air
Actualités – Journal des
AET N° 203
A LIRE… pour
finir de tomber
dans « le
Piège » :
Salon de Provence
– Le Nid
des Aiglons par
Alexandre Paringaux
– Jean Claude Salvinien
Editions du
Zéphyr – 76, rue
de la Pompe – 75116 PARIS -
Tel 01
45 04
11 04
SVP
téléphoner pour le prix.
4/ L’AEPA
Les « Pipins »
sont réunis au sein
d’une association l’AEPA.
L’amitié,
l’entraide et la
convivialité sont présentes, fidèles
à la
tradition de la grande famille
Aéronautique.
Ecole des Pupilles
de l’Air
Elève Jacques Lorenzi
749
– BP 33 – 38330 Montbonnot
Saint-Martin
Tel:
04 76 90 32 34
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6)
APPORT DES ENFANTS DE TROUPE
A LA FRANCE
1/ Portrait
d’enfant de
troupe
2/ Quelques
Statistiques
3/ Reconnaissance
de la
Nation
4/ Mémorial
5/ Lycées
militaires
6/ Association AET
Exercice difficile
que de
mesurer les apports d’une communauté, dont les
origines
remontent à quelques
siècles, à une Nation comme la France.
Le terme
d’enfant de troupe
(ET) regroupe, par tradition, les élèves des
écoles militaires préparatoires,
collèges militaires, lycées militaires, et bien
sûr
de l’école d’enfant de
troupe de Rambouillet, la seule qui ait porté ce nom
officiellement. (Voir
Ecoles militaires 4 ; Rambouillet)
Le terme AET
signifie Ancien
Enfant de Troupe.
Il
est clair que, à première vue, les points
de comparaison entre Pierre BAYLE (1783-1794), tombé au
champ
d’Honneur à Biure
(Espagne), lors de la bataille du Boulou,
le 1er
novembre 1794, à l’âge de 11 ans
et 9 mois, et un
élève de lycée militaire
d’aujourd’hui
sont peu nombreux.
Il en est au moins
un, qui ne
saurait faire de doute, c’est l’amour de la France.
La
découverte d’une
tradition et d’attaches fortes à
l’Histoire,
à l’Institution, de racines,
pourra conforter le jeune élève en ce sens.